TTC

Vivre à Toronto sans voiture est un choix difficile à assumer au quotidien. La ville s’étend sur des dizaines de kilomètres et les déplacements sont alors fortement limités. Heureusement que la TTC est là…

La TTC (prononcer « titissi »), pour Toronto Transit Commission, est la société des transports en commun de Toronto. Elle nous permet depuis maintenant presque 3 ans de nous déplacer dans toute la ville au quotidien. Toronto dispose évidemment d’un métro mais, aussi surprenant que cela puisse paraître pour la 4ième agglomération d’Amérique du Nord, il n’y a que 2 lignes! Le plan du métro est donc assez simple…

Ce manque est compensé par un réseau terrestre très dense de lignes de bus et de tramways, ou streetcars comme disent les locaux. En résumé, les streetcars parcourent la ville d’est en ouest et les bus du nord au sud. A noter le côté vintage des tramways qui datent des années 80. La TTC a tout même décidé de les renouveler à partir de 2015 avec des machines plus modernes.

On a été très surpris dès notre arrivée par le fonctionnement des transports en commun ici…

Ce qui étonne rapidement dans ce réseau c’est le nombre d’arrêts sur chaque ligne. On prend rapidement les canadiens pour des fainéants lorsqu’on se rend compte que les bus et les streetcars s’arrêtent quasiment tous les 100 mètres. A chaque croisement ou coin de rue en fait. On comprendra quelques mois après notre arrivée, en plein hiver, lorsque les températures approchent les -30º, l’intérêt de démultiplier les arrêts. Les canadiens ne sont pas fainéants, juste prévoyants :-).

Une autre particularité des transports en commun torontois est l’absence d’horaires de passage fixes. Ou plutôt l’absence du respect des horaires de passage… On ne sait tout simplement jamais quand arrivera le bus ou le streetcar. Impossible de se fier aux horaires affichés aux arrêts, ils ne sont quasiment jamais respectés! Et même dans les grandes stations équipées d’écrans, l’affichages est « dynamique » et change du tout au tout en quelques minutes. Ce qui est étonnant c’est qu’on croise souvent des agents chargés de relever les horaires, mais on se demande toujours ce qu’ils en font…

           

Alors, et c’est là que c’est encore plus fou, on n’est pas non plus démuni face aux horaires de passage. Et heureusement, notamment l’hiver lorsqu’il faut attendre le tram par -20º… Il existe des apps sur smartphone qui donnent les horaires de passage à la seconde près de tous les bus et streetcars du réseau, en temps réel! On comprend d’autant plus mal comment la TTC ne peut pas être capable de fournir ces horaires…

On a tout de même appris à repérer des indices indiquant qu’une ligne va avoir des horaires chaotiques dans les heures à venir. Comme par exemple de voir arriver plusieurs bus ou streetcars les uns à la suite des autres! Et c’est le cas plusieurs fois par semaine! Record à battre : 4 streetcars!

                

                             

Et dans ce genre de situation, il faut avoir de la chance parce qu’il est probable de monter dans un streetcar et que le chauffeur vous annonce au bout de 3 arrêts qu’il faut descendre et attendre le suivant parce qu’on lui demande de faire demi-tour pour réorganiser la ligne.

A noter, au début de l’année 2015, une expérience inédite pour la TTC qui a expérimenté les passages à horaires fixes sur la ligne de tram 512. Présentée comme révolutionnaire l’idée n’a vraisemblablement toujours pas été adoptée…

Acheter un titre de transport est aussi très surprenant. Pour 1 voyage, il faut acheter un « token », c’est une sorte de petite pièce qui permet d’entrer dans une station, dans un bus ou un streetcar.

Pour rentrer dans le station, le bus ou le tram, il suffit de glisser le token dans la « fare box »! Le son mélodieux du token tombant sur les précédents indique à l’agent qu’on a bien payé notre droit d’entrée!

On peut éventuellement payer en cash mais c’est plus cher! On achète donc des tokens la plupart du temps au guichet, dans les bureaux de tabac ou autres petites épiceries de quartiers. Mais surtout pas dans les automates, c’est plus cher!

On peut les acheter par 3, 5 ou 10, voir plus pour environ 3 dollars canadiens soit environ 2 euros par trajet. Le coût est donc assez élevé mais il y a quelques possibilités pour le minimiser. Pour commencer les enfants de moins de 12 ans bénéficient d’un tarif réduit et même, depuis fin 2014, de la gratuité! Avant de ne pas avoir à payer les trajets pour les petits on a beaucoup utilisé le daypass :

C’est une sorte de carte à gratter d’un autre âge permettant à un groupe ou une famille de voyager sans limite pendant tout une journée voire un week-end. Mais avant d’acheter un daypass il fallait bien compter et prévoir le nombres de trajets de la journée pour être sûr d’y gagner! Les conditions d’utilisation demandent également un peu de réflexion…

Il y a évidemment des cartes d’abonnement à la semaine ou au mois : les metropass.

Mais ces abonnements ne sont intéressants que pour les gros consommateurs. Il faut par exemple faire plus de 12 trajets par semaine pour rentabiliser un metropass mensuel…

Une fois que le titre de transport est choisi et payé, les surprises continues! Sauf à avoir un abonnement, il faut en effet récupérer un POP (Proof-Of-Payment) après avoir donné un token ou du cash à l’entrée de la station ou au chauffeur de bus ou de tram. Il s’agit d’un petit bout de papier indiquant la date et l’heure d’entrée dans le système des transports en commun. Dans les stations, on les récupère dans des bornes automatiques.

Dans les bus ou les streetcars, le chauffeur dispose d’un carnet et distribue ces « transfers », comme disent les locaux, aux voyageurs. En arrachant le papier du carnet, un système d’un autre temps ingénieux marque l’heure de ce transfer par des encoches.

                       

A chaque correspondance il faut alors montrer ce transfer à la montée, sous peine de se voir refuser l’accès au bus ou au tram. Et si jamais on prend un peu d’avance en marchant vers l’arrêt suivant, on n’est pas à l’abri d’un refus parce que notre transfer n’est pas censé être valable à l’arrêt suivant… C’est finalement très compliqué comme système et, après presque 3 ans d’utilisation quasi-quotidienne, on n’en a toujours pas compris toutes les subtilités… On vous laisse lire les consignes au dos des POP…

                 

Pour harmoniser et simplifier toutes ces pratiques, la TTC commence à déployer une carte magnétique rechargeable à valider sur des bornes à chaque voyage. C’est la carte « Presto » qui va donc changer de nombreuses habitudes des torontois.

     

A noter que, bien qu’anachroniques, les torontois sont très attachés aux tokens, aux tranfers et autres metropass. Leur disparition annoncée pour les prochaines années avec la montée en puissance de la carte Presto est loin de faire l’unanimité chez les voyageurs! Tout comme les hausses de tarifs quasi-annuelles d’environ 10 centimes qui commencent à mécontenter de nombreux usagers…

Jamais à l’heure et hors de prix, la TTC a quand même de bonnes idées et sait parfois être pratique! On apprécie par exemple le système de câblage permettant de demander un arrêt depuis quasiment n’importe quelle place assise d’un bus ou d’un streetcar (les canadiens sont peut-être un peu fainéants en fin de compte…). On tire donc sur le câble jaune et l’arrêt à la prochaine station est demandé!

               

Autre idée ingénieuse, la possibilité d’accrocher son vélo sur le bus. Oui, on peut littéralement accrocher son vélo à l’avant du bus grâce à un ingénieux système de fixation!

        

       

A noter cependant qu’il faut se débrouiller tout seul et qu’en aucun cas le chauffeur ne descendra vous aider! Même si vous n’y arrivez pas et que vous prenez un temps fou à déposer votre vélo. Une certaine personne en a d’ailleurs fait l’amère expérience et se souvient encore du regard méprisant des autres usagers venant de perdre plusieurs minutes à cause de sa maladresse  ce système de fixation complètement incompréhensible :-).

D’autres choses nous ont particulièrement étonnées dans les transports en commun. Mais elles ne sont pas liées à la TTC mais plutôt aux canadiens. Voilà en effet comment ils attendent le tram ou le bus :

     

Et ces files d’attente peuvent parfois être très très longue sans pour autant qu’un local n’en dépasse :-).

Autant dire qu’arrivant de France et étant habitué aux bousculades lors des montées et descentes de trams ou de bus, on a eu dû mal à y croire!

Et lorsque l’agent à l’entrée de la station est en pause? Eh bien on peut passer librement! Vive la resquille!!! Sauf que dans ce cas, on a un petit message d’encouragement…

Et, comme les locaux, on paye notre trajet malgré l’absence de surveillant en glissant notre token dans la « fare box » comme si de rien n’était :-). On peut même alors assister à des scènes surréalistes…

Les canadiens sont très disciplinés et courtois de manière générale. Mais c’est encore plus le cas dans les transports en commun. D’un autre côté il faut voir comment un chauffeur réagit lorsqu’un usager monte dans son bus ou son tram sans payer. Dans ce cas c’est très simple, il ne redémarre pas et attend que le contrevenant descende! La plupart du temps il obtempère rapidement. Mais il arrive parfois que le chauffeur en appelle à la police des transports. Et le bus ou le tram ne bouge pas tant que les policier ne sont pas arrivés. Autant dire que dans ce cas les autres usagers font bien sentir au contrevenant qu’il a tout intérêt à payer ou à sortir!

On a donc énormément utilisé la TTC depuis notre arrivée. On regrette souvent de ne pas avoir de voiture puisque même si tout est accessible par transport en commun, les temps de trajets dans ce réseau tentaculaire sont vite limitants. Il faut par exemple pratiquement une heure et demie pour aller au zoo ou quasiment 2 heures pour aller à Canada’s Wonderland qu’on n’a d’ailleurs pas encore testé. De quoi malheureusement freiner les envies!

 

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